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Curcuma et cancer : le point sur les études

Curcuma et medecine
Écrit par Nathalie Marty
Curcuma et cancer : le point sur les études
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D’innombrables études ont été menées par les laboratoires sur le traitement du cancer par le curcuma.

L’intérêt des recherches médicales, c’est d’améliorer la santé des individus. Jusque-là, malgré toutes les promesses, aucune personne n’a encore été guérie du cancer par la consommation du curcuma.

Il est temps de faire une pause pour mieux situer les choses. Il est temps  donc de faire le point sur les études portant sur le curcuma et le cancer.

Composants du curcuma, plante miracle

Pour rappel, le curcuma est une épice orangée en forme de gingembre. Elle est composée entre autres de curcuminoides:

  • La curcumine domine de 80 %.
  • la demethoxycurcumine,
  • la cyclocurcumine
  • le bisdemethoxycurcumine.

Ces curcuminoides sont des polyphénols, de puissants anti oxydants. Après consommation de la curcumine, elle subit des transformations chimiques au niveau du foie. La curcumine se transforme en 4 métabolites dont le principal est le tétrahydrocurcumine.

Quelques études sur différents types de cancer

Contre le cancer du sein

Le cancer de sein se dévoile sous différents aspects. Chez certaines femmes, les cellules cancéreuses sont plus agressives et évoluent très vite.  Cette forme est la plus dangereuse à cause des métastases qu’elle crée.

Chez d’autres sujets au contraire, la tumeur est quasi dormante, et évolue lentement. Pour mieux traiter le cancer du sein, il faut comprendre l’origine de la maladie chez chaque patiente.

Dans une étude menée par les chercheurs Dongwu Liu et Zhiwei Chen (1) sur des animaux, il a été démontré l’impact de la curcumine sur les cellules cancéreuses. Les composés chimiques du curcuma empêchent les cellules cancéreuses de s’étendre à d’autres cellules du corps.

La mitomycine est utilisée dans le traitement du cancer du sein. Cet antibiotique détruit les cellules cancéreuses. Cependant, la mitomycine ne peut pas  être utilisée à des doses optimales car elle détruit également le foie et les reins des patientes.

Il a été découvert à travers cette étude que la curcumine supprime l’effet destructeur de la mitomycine sur les reins et le foie. Ce qui permet d’utiliser la mitomycine à des doses optimales pour maximiser le taux de guérison des patientes.

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Curcuma : excellent pour la santé

Contre le cancer du pancréas

Le cancer du pancréas est l’un des plus dangereux. En général, les patients montrent des signes de maladie lorsqu’ils sont en phase terminale. Ce qui rend difficile la guérison de ce cancer.

Dans l’étude menée par les chercheurs Aggarwal et Li (2 et 3), des souris ont été utilisées. La gemcitabine (antibiotique nocif utilisé dans le traitement du cancer du pancréas) a été combinée à des extraits de curcumine. On a réalisé une plus grande destruction des cellules cancéreuses.

La curcumine par ailleurs inhibe l’activité de plusieurs molécules (30) qui jouent un rôle important dans la propagation des cellules cancéreuses.

Le cancer du pancréas nécessite également des traitements très intenses, assez nocifs pour les organes du corps. Peu de patients d’ailleurs supportent ces traitements.

Utilisée dans le traitement contre le cancer du pancréas, la curcumine n’est pas du tout nocive. Par ailleurs elle évite les effets secondaires liés à la chimio.

A ce titre, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a énoncé que la curcumine est sûre et saine dans le traitement des cancers (4).

Le curcuma dans la chimioprévention

La chimioprévention consiste à administrer des médicaments et produits à des personnes pour limiter leur risque de developper une maladie (ici le cancer).

Le souci de faire des traitements plus efficaces et moins nocifs pour les organes humains a poussé les chercheurs à faire d’autres recherches. Ces recherches ont été faites sur plusieurs plantes dont le curcuma qui contient d’énormes propriétés chimio préventives.

Les recherches des docteurs Surth YJ et Chun KS, démontrent que le curcuma bio a la capacité d’inhiber la bio activation des cellules cancérigènes par la suppression des isozymes spécifiques et l’induction de l’activité des enzymes détoxifiantes de phase II.

Mais les recherches ayant été faites in vitro, ils suggèrent que d’autres études soient menées sur des individus et sur les groupes à haut risque pour une meilleure évaluation du traitement du cancer par la curcumine (5) .

C’est surtout cela le principal problème avec le curcuma. Peu d’études sont réalisées  sur de réels malades.

À lire: Pourquoi utiliser des gélules de curcuma ?

Promesses du curcuma, pourquoi ça ne tient pas ?

Le Docteur Gunda Georg, chef coéditeur de la revue médicale ’’Journal of Medicinal chemistry énonce que les recherches sur le curcuma ont entraîné une grande perte de temps et de fonds.

Aux Etats-Unis par exemple plus de 150 millions de dollars ont été engagés depuis 1995 pour la réalisation des études sur le curcuma. Quid de l’Inde, de la chine et tous ces autres pays qui ont espéré en un traitement naturel et efficace contre le cancer et les maladies dégénératives de façon générale.

Plusieurs chercheurs dont le docteur Mickael A. Walter et le docteur Kathryn M. Nelson de l’Université du Minnesota aux Etats-Unis ont étudié de fond en comble les différentes recherches sur la curcumine.

Ces investigations scientifiques portaient sur l’usage thérapeutique du curcuma. Ils énoncent dans leurs conclusions que les curcuminoides, facilement isolables ont suscité l’espoir de traitements thérapeutiques. 

Ce qui a conduit plusieurs chercheurs à voir de plus près cette molécule prometteuse. Mais on réalise à la suite des différentes études que la curcumine est un composé instable, réactif, non biodisponible (6) .

Différence entre le curcuma et la curcumine

Le curcuma contient de la curcumine un antioxydant, que les chercheurs considèrent comme très prometteur dans le traitement et la guérison des cancers.

Ces essais cliniques ne portent en général pas sur le curcuma tel que nous le connaissons. Ils portent plutôt sur des extraits de curcumine. Dès lors, affirmer que le curcuma peut guérir du cancer peut être un peu gros à avaler.

Les rhizomes de curcuma frais contiennent environ 4-5 % de curcumine . Les poudres de curcuma que nous consommons contiennent en général 2.5%. Les poudres de haute qualité contiennent 3,5- 4% de curcumine. On peut aussi utiliser de l’huile essentielle de curcuma.

En termes plus clairs, même si le curcuma pourrait guérir du cancer, l’élément essentiel est consommé en trop faible quantité pour qu’il puisse agir.

La curcumine en fait intervient dans le traitement de plusieurs maux. Cependant la curcumine n’a pas encore présenté une guérison complète du cancer.

La qualité du curcuma

Un autre problème qui rejoint le premier est la qualité des produits. L’achat des suppléments  de curcuma en France a grimpé de façon fulgurante. Mais quelle est la qualité de curcumine que nous consommons en prenant ces compléments alimentaires.

Les produits utilisés pour les recherches scientifiques sont de premier choix. Or les suppléments en curcuma vendu sont dans leur grande majorité de moindre qualité.  On vient à la conclusion qu’ils ne peuvent pas avoir le même effet car ils contiennent très peu de curcumine, la substance réactive.

Reste l’option de le consommer aussi frais.

La perméabilité de la curcumine

La curcumine a certes de nombreuses propriétés bénéfiques pour l’organisme humain. Mais il n’est pas perméable.

Cette étude publiée (7) atteste bien de cela. En effet, 10 gélules de curcuma (10 000 mg de curcumine) ont été données à des volontaires. Mais il n’y a eu aucune réaction chimique observée.

L’étude vient attester que la curcumine n’est pas perméable dans le sang. Elle devient active que sous l’effet d’autres composants tels que la pipérine.

D’où l’importance d’associer la curcumine à d’autres aliments tels que le poivre, l’huile d’olive… Ces derniers vont favoriser la perméabilité de la curcumine dans le sang.

Dans l’industrie des compléments alimentaires, le taux maximum de pipérine dans les gélules de curcuma est de 5 mg pour 100 mg de curcuma. Ce qui est carrément en dessous du taux de piperine utilisé dans les études scientifiques.

Cette limite de 5 mg par les fabricants se comprend lorsqu’on sait que l’excès de piperine favorise l’apparition des allergies alimentaires et des maladies auto immunes (diabète de type Il,  sclérose en plaques).

Curcuma-gelules

Curcuma-gellules

Pas assez d’études in vivo

Les études réalisées sont en général en laboratoire avec des éprouvettes, dans des conditions artificielles. On parle de in vitro. 

Il est temps que les études se tournent plus sur des volontaires pour appuyer ou démentir les recherches faites in vitro.

À lire: Comment bien consommer votre curcuma?

La curcumine reste prometteuse sous d’autres angles

Des essais cliniques se sont plutôt tournés vers la perméabilité de la curcumine par d’autres techniques vu que la pipérine à dose élevée constitue un problème de santé. quelques techniques ont été testées dont deux principales : Les phytosomes et les nanoparticules.

Les phospholipides ou phytosomes

Comme tout polyphénol, la curcumine est soluble dans l’eau et dans les graisses.

La technique de la dissolution du curcuma dans les graisses permet l’absorption du curcuma dans le sang. On parle de phospholipides ou de phytosomes.

Plusieurs laboratoires en France comme dans d’autres pays testent de plus en plus cette technique d’absorption dans les graisses .

Dans cette étude réalisée aux Etats-Unis (8), les chercheurs expliquent le processus de dissolution du curcuma dans les graisses ainsi que de leurs avantages. Ici l’effet de la curcumine est multiplié par 19 dans le sang.

Les nanoparticules de curcuma

L’ano émulsion qui consiste à l’absorption du curcuma dans l’eau permet de produire des nanoparticules de curcuma. Les nanoparticules de curcuma sont perméables dans le sang (10 fois plus que le curcuma).

Les nanoparticules ont aussi pour avantage de rester disponible dans le sang 13 heures de temps. Ce qui est suffisant lorsqu’on consomme 2 à 3 gélules de curcuma par jour.

Conclusion

D’énormes fonds ont été engagés par les instituts de recherche afin de faire du curcuma, un nutriment pour le traitement des cancers. 

Malgré de faibles résultats sur l’homme, le curcuma reste une plante médicinale aux grandes vertus comme le disent les adeptes de l’Ayurveda (médecine traditionnelle Indienne qui utilise le curcuma dans ses compositions).

Le curcuma pourrait guérir du cancer  si l’on se penche plus sur les nouvelles solutions des physotomes et  des nanoparticules de curcuma.

Merci de votre attention et n’oubliez pas de nous écrire, votre opinion nous intéresse.

 

Sources

1-https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3706856/  

2-https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4110570/    

3- Li L, Aggarwal BB, Shishodia S, Abbruzzese J, Kurzrock R. Nuclear factor-kappaB and IkappaB kinase are constitutively active in human pancreatic cells, and their down-regulation by curcumin (diferuloylmethane) is associated with the suppression of proliferation and the induction of apoptosis. Cancer. 2004; 101:2351–2362.

4-http://www.huffingtonpost.com/nalini-chilkov/turmeric-health-benefits-_b_828856.html

5-https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17569209

6- http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/acsmedchemlett.7b00139

7- . Anand P1, Kunnumakkara AB, Newman RA, Aggarwal BB. Bioavailability of curcumin: problems and promises. Mol Pharm. 2007 Nov-Dec ;4(6) :807-18.   

8-http://blogues.lapresse.ca/sciences/2017/01/11/le-curcuma%C2%A0-un-%C2%ABtrou-noir%C2%BB/

À propos de l'auteur

Nathalie Marty

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